Une présence qui s’inscrit dans une histoire de coopération
Depuis sa création en 1983, l’ICOSI défend une conviction : les principes de l’économie sociale et solidaire prennent tout leur sens lorsqu’ils sont traduits en actions concrètes, construites avec les acteurs des territoires.
Cette approche repose sur la coopération, la mise en réseau, l’échange d’expertises et la co-construction avec les organisations locales. Elle est particulièrement visible dans les projets conduits par l’ICOSI en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal et au Bénin.
Le projet d’« Appui au développement de l’entrepreneuriat coopératif agricole au Bénin et au Sénégal » projet CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) dans ses deux phases en constitue une illustration majeure. Porté par un consortium réunissant l’ICOSI, l’UNCUMA au Bénin, l’AGROPROV et l’ALFANG au Sénégal, avec l’appui de l’ACB en Nouvelle Aquitaine et l’AVEM à Millau, ce projet a permis de renforcer les structures faîtières des 2 pays, réunissant plus de 170 CUMA, les compétences des agro pasteurs et d’initier des échanges entre les structures des deux pays.
Après la clôture de cette phase fin 2025, la participation au FORA’ESS constitue ainsi une nouvelle étape : celle de la capitalisation, du partage et de la mise en perspective de ces expériences au sein d’un espace africain plus large.
Du projet de terrain au dialogue continental
Le FORA’ESS a notamment rappelé que l’ESS ne peut plus être considérée comme un secteur périphérique de l’économie.
Au Sénégal, l’année 2026 a été placée sous le signe de l’économie sociale et solidaire et de l’emploi. Le Forum a ainsi porté une ambition qui dépasse la seule valorisation des initiatives existantes : faire des coopératives et des autres organisations de l’ESS des acteurs à part entière des politiques de développement, de création d’emplois, d’inclusion et de transformation des territoires.
Cette évolution rejoint directement l’expérience de l’ICOSI.
Les projets menés au Sénégal et au Bénin montrent que l’ESS se construit d’abord au niveau local : dans les coopératives, auprès des agriculteurs et agricultrices, des jeunes, des femmes, des organisations professionnelles et des acteurs qui cherchent collectivement des réponses à leurs besoins économiques.
Les CUMA en sont un exemple concret. Elles permettent de mutualiser des moyens de production, de renforcer les capacités économiques des exploitations et de créer des dynamiques collectives qui dépassent la seule logique individuelle.
L’enjeu est désormais de faire dialoguer ces expériences de terrain avec les réflexions et les politiques qui se construisent à l’échelle nationale, régionale et continentale.
Ce que le FORA’ESS signifie pour l’ICOSI
La présence de l’ICOSI à Dakar marque d’abord la continuité de son engagement en Afrique de l’Ouest. Mais elle traduit également une évolution de son positionnement.
L’ICOSI ne se situe pas uniquement dans la mise en œuvre de projets de coopération. Son rôle est également de contribuer à faire circuler les expériences, les pratiques et les expertises entre les territoires, les organisations et les institutions.
C’est précisément cette fonction de passerelle qui prend tout son sens dans un événement comme le FORA’ESS.
Les expériences accumulées au Sénégal et au Bénin constituent aujourd’hui une base de connaissances et de pratiques que l’ICOSI peut mettre au service de nouveaux échanges et de nouvelles coopérations. Inversement, les dynamiques observées au sein du mouvement africain de l’ESS viennent nourrir la réflexion de l’Institut sur les modèles de développement, la coopération et les formes d’entrepreneuriat collectif.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de l’ADN de l’ICOSI : travailler avec les acteurs locaux, favoriser les échanges d’expertise et construire des partenariats équilibrés pour promouvoir une économie plus sociale et plus durable.
Une nouvelle étape pour la coopération axée sur l’ESS
La participation au FORA’ESS ouvre ainsi une nouvelle séquence pour l’ICOSI.
Après plusieurs années consacrées à l’accompagnement des coopératives, l’enjeu est désormais de renforcer la capitalisation des expériences, les mises en réseau et les coopérations entre acteurs de l’ESS.
Il s’agit aussi de mieux faire entendre, dans les espaces de dialogue sur le développement, ce que démontrent les projets de terrain : l’économie sociale et solidaire n’est pas seulement un modèle économique alternatif. Elle constitue un outil concret pour renforcer l’autonomie économique des populations, créer de l’emploi, développer les territoires et construire des formes de coopération fondées sur la participation et la solidarité.
À Dakar, l’ICOSI a donc retrouvé un espace qui correspond profondément à son histoire et à sa raison d’être.
Mais cette présence regarde surtout vers l’avenir : celui d’une coopération internationale renouvelée, davantage fondée sur la circulation des savoirs, la mise en réseau des acteurs africains et européens et la construction collective de solutions adaptées aux territoires.
De la coopération de projet à la coopération entre écosystèmes : c’est cette dynamique que l’ICOSI entend poursuivre.


